
2009 : UN MILLESIME D'ANTHOLOGIE
Les viticulteurs bordelais ont vinifié en 2009 un millésime dont ils garderont longtemps le souvenir et dont ils reparleront sûrement à leurs petits-enfants.
Dans toutes les appellations de Bordeaux, les commentaires sont en effet unanimes : les vendanges 2009 ont donné des vins remarquables, d'une grande complexité aromatique, tràs ronds, très équilibrés et aptes à une longue garde. Des vins de référence en quelque sorte, qui s'inscrivent d'emblée parmi les grands millésimes de l'histoire viticole locale.
La raison de cette réussite tient pour l'essentiel à une climatologie absolument idéale pour la vigne : plus de trois mois d'un ensoleillement continu et exceptionnel, du 14 juillet au 20 octobre, sans canicule, sans maladie, sans orage dévastateur pendant l'été ou l'automne. "La vendange était si saine qu'on aurait dit du caviar" relève l'oenologue Gilles Pauquet à Saint Emilion. La pluviométrie a été limitée à 700 millimètres d'eau environ, et les nuits ont été tempérées, de sorte que pour les grands terroirs, la réussite est générale, qu'il s'agisse des blancs secs, des rouges ou des vins liquoreux. Cette météo de rêve a permis que les vendanges s'étalent au total sur deux mois, chacun s'efforçant de ramasser les raisins à la maturité optimale.
Concentrés, vineux, suaves, onctueux, d'une grande richesse mais avec de la fraîcheur, tanins soyeux, longs en bouche : les vins rouges promettent beaucoup, selon les premiers commentaires recueillis au pied des cuves. On peut ainsi rapprocher la nature et les qualités de ce millésime de celles du 2005 ou du 1990 ; d'autres évoquent le mythique 1982; d'autres encore rappellent la bonne fortune des millésimes en 9 à Bordeaux, depuis le célèbre 1899, l'un des plus grands du 19ème siècle, jusqu'au fameux 1989, en passant par 1929, 1949 et 1959, tous restés au tableau d'honneur du Bordelais. Mais il est un point sur lequel tout le monde est absolument d'accord : c'est un très grand millésime qui s'élève actuellement dans les chais du Bordelais.
D. TERS, janvier 2010


