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2007 : UN GRAND MILLESIME DE BLANCS
commentaire de Jean Marc QUARIN
Vins blancs secs
Vins blancs liquoreux
Vins rouges
Le style des vins rouges Jean Marc QUARIN, 1er avril 2008
L’année 2007 restera à Bordeaux comme un très bon millésime de vins blancs secs et aussi de liquoreux, grâce à une arrière saison exceptionnelle. Ces vins constituent à leur manière une belle prouesse, et compte tenu des conditions climatiques, il n’est pas exagéré de considérer les plus réussis comme un défi lancé (et gagné) aux redoutables circonstances de leur naissance. Sur ce point, les viticulteurs girondins, dont les vins seront agréables à boire, ont manifesté un savoir faire et une compétence qui méritent d’être signalés.
Pour autant, ce n’est pas un cas général, et ce millésime demeure extrêmement hétérogène. Si l’on excepte les blancs, tous délicieux, il n’y a guère que l’appellation Pessac-Léognan qui affiche en rouge un niveau qualitatif homogène et général. Les grands terroirs ont parlé avec talent, et leur micro-climat a fait le reste. Ce sont des vins très bordelais, classiques, fins, avec un fruit net, où l’on retrouve ce petit goût fumé qui disparaissait naguère trop souvent sous le bois. Parmi les plus attractifs, on peut citer Carbonnieux, Haut Bailly, Latour Martillac, Fieuzal, Chevalier, Les Carmes Haut Brion, Smith Haut Lafite, Pape Clément. Ce millésime confirme aussi les progrès de Bouscaut et Olivier, qui font un retour remarqué depuis le début du siècle, parmi l’élite. La réussite globale de cette appellation, ajoutée à la qualité des vins blancs, fait penser que le millésime 2007 en Gironde est surtout l’année du Sud. L’appellation Pomerol a produit des vins agréables, parfois un peu simples a regard de millésimes plus complexes, moins denses que les années précédentes, mais pas moins plaisants, avec des tanins fins et fondus, et des arômes de fruits, doux et friands, s’ils ne sont pas masqués par un excès de barrique neuve. Ces vins seront sans doute assez vite bons à boire, et représentent à leurs façons une bonne expression de leur terroir dans un registre souple et fin, tels Petit Village, Gazin, Rouget ou Vieux Maillet.
Mais s’il y a des victoires, il y a aussi des défaites, et l’amateur sera confronté au rude défi d’avoir à faire le tri parmi les très bons, les bons, et les moins bons. C’est aussi le cas de Médoc, où l’abondance des étiquettes impose une sévère sélection dans des qualités disparates. La maturité tardive des cabernets a autorisé des vendanges de bonne qualité en octobre, sous le soleil, et donné des vins de bon aloi, souvent harmonieux et consistants, mais pas tous. On y relève, comme sur la Rive Droite, des finales amères et des tanins rustiques. Beaucoup de vins sont classiques, fruités et seront rapidement bons à boire. Au total, il semble que l’on n’aurait pas pu faire beaucoup mieux, compte tenu des conditions climatiques. Et il parait à peu près certain que les soins importants apportés à la vigne, ainsi que les progrès constants de l’œnologie, ont contribué à sauver un millésime qui eût été sans nul doute infiniment plus médiocre il y a vingt ans. Didier TERS, avril 2008
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